Église Notre-Dame
Description
Eglise en béton armé construite entre 1948 et 1953 et consacrée le 10 janvier 1954 sous le vocable de Notre-Dame.
Elle remplace une ancienne église datant du XVIe siècle, consacrée en 1520 sous le vocable de Notre-Dame, qui fut démolie en 1948.

Large de 9,90 m., longue de 23,70 m, haute sous couvrement de 11,50 m.14, elle comporte un vaisseau unique se terminant par une abside à trois pans.
Elle présente des dispositions architecturales très simples et peu novatrices : vaisseau unique se terminant par une abside à trois pans, ossature constituée de « portiques » en béton armé, en forme d’arcs brisés, supportant directement la charpente, avec un remplissage de parpaings enduits, percements rectangulaires sans modénature, façade-pignon surmontée du clocher, ornée d’une grande statue de la Vierge sculptée par Gustave Dermigny.
C’est un exemple modeste d’architecture rationaliste en béton, réinterprétant certains motifs du gothique, inscrit dans la continuité des édifices élevés dans les années 1930, mais avec un dépouillement et une sobriété extrêmes, dictés par le manque de moyens.
Son ossature est constituée de cinq portiques en béton armé, en forme d’arcs brisés, et d’un sixième, structurant l’abside, dont les deux montants sont disposés selon un angle. Ces portiques, dissimulés à l’extérieur mais qui scandent fortement l’espace intérieur, délimitent quatre travées, dont trois correspondent à la nef et dont la quatrième, qui ne se distingue pas architecturalement des autres, forme avec l’abside le chœur liturgique. Ils supportent directement la charpente, dont la sablière et les pannes sont en béton et dont les chevrons en bois, masqués en sous-face par des plaques de fibrociment, soutiennent une couverture en tuile mécanique.
L’église est dotée d’une simple façade-pignon, que somme le clocher à flèche carrée culminant à 23,50 m., construit en béton au-dessus de la première travée et désormais couvert d’ardoises.
Architecte ou maître d'oeuvre : Barniaud Pierre (architecte), Atelier Degusseau (maître-verrier), Plancon Maurice (architecte), Rocher Maurice (peintre), Dermigny Gustave (sculpteur)
Histoire de l'église
« Au début du XVIème siècle, on construit une église dédiée à Notre-Dame sous le vocable de l’Assomption. Cette église est consacrée le 24 juin 1520.
Elle était bien belle, cette vieille église ; des cartes postales en témoignent. Comment fut-elle édifiée, en ce XVIème siècle ? Quelle foi anima ces hommes qui, avec des moyens qui nous paraîtraient dérisoires, savaient construire des œuvres aujourd’hui encore émouvantes et dignes de toute admiration ?

- Le 10 janvier 1924, le clocher s’effondre après l’Angélus de midi. diable, l'église paroissiale de Guernes est partiellement effondrée.
- Le 5 mars 1948, alors que l’abbé Grouet est curé, et Marcel Perraud maire, le Conseil Municipal autorise la démolition de la vieille église qui était devenue un danger public. On décide aussi la construction d’une nouvelle église sur le même emplacement.
- Le 10 janvier 1954, c’est la bénédiction de la nouvelle église.
- Elle a été achevée en 1957 par l’ajout du clocher.
Elle a été reconstruite entre 1948 et 1954, grâce aux financements réunis par l’abbé Clément Grouet, par les architectes Pierre Barniaud et sans doute Maurice Plançon.
Les vitraux
L’intérêt de l’édifice tient à ses 21 vitraux, dus au peintre Maurice Rocher (1918-1995) secondé par le peintre-verrier orléanais Jacques Degusseau. Ils constituent un exemple remarquable du travail de cet artiste assez prolifique dans le domaine du vitrail et, plus généralement, une œuvre caractéristique des recherches menées par les artistes figuratifs issus des groupements d’artistes chrétiens, comme les Ateliers d’art sacré. Ils se singularisent par l’utilisation de verres incolores pour les parties figurées, qui mettent en valeur la subtilité de la peinture à la grisaille et créent un contraste avec la riche coloration des parties décoratives. Ils présentent de plus une grande cohérence iconographique, à travers le thème des sanctuaires mariaux français et des représentations de la Vierge qui y sont honorées, courant à l’époque mais développé ici avec ampleur, sur 18 verrières
Les vitraux ont été conçus par Maurice Rocher et réalisés par Jacques Degusseau dans les ateliers Degusseau, à cette époque-là à Orléans.

Certains ont été offerts par des particuliers, dont le nom figure en bas de l’ouvrage.
Ils sont dédiés à la Vierge Marie ; six ont deux panneaux, dix-huit en ont trois. Vingt d’entre eux évoquent l’un des sanctuaires de France où l’on honore la Vierge…
Vitrail n°6 - Ces représentations de la Vierge à l'Enfant évoquent l'église Notre-Dame de Boulogne, les couronnes schématisant les remparts de cette ville.
Retable, bois sculpté polychrome XVIe siècle
Le retable d’influence flamande datant de 1530 environ représente la Passion du Christ à travers sept compartiments [mettant en scène] 84 personnages [sculptés dans du noyer et peints de multiples couleurs]…

« Sous la voûte bleuie de l’ogive superbe
Ils sont là, plus vivants qu’ils ne furent jadis,
Immortels personnages suscités par le Verbe,
Offert en sept tableaux à nos yeux éblouis.
Les ors, les bleus, les rouges se disposent et se mêlent,
Pour conter une histoire d’où l’émotion jaillit,
Des artistes inconnus, patiemment, avec zèle,
Ont retracé pour nous le Calvaire du Christ. »

Cette photographie du docteur Bonneau fut offerte à la commission lors de la séance du 24 avril 1890. Tirage sur papier albuminé monté sur carton 19 cm x 25 cm. 11,5 cm x 16,5 cm. Signé au recto : "Dr Bonneau phot." © Archives départementales des Yvelines
- Retable polychrome composé de bas-reliefs représentant les scènes de la Passion.
Objet classé monument historique le 10 août 1904. - Le Christ de la Crucifixion n'existe plus aujourd'hui suite à un vol.
Pour en savoir beaucoup plus sur l’église de Guernes, ses vitraux, son retable, ses statues (Christ du XIVème siècle, Vierge et Saint Jean du XVIème siècle), l’action remarquable de l’abbé Grouet au moment de la reconstruction, consultez ou achetez, à la mairie du village, la brochure intitulée : « L’église Notre-Dame de Guernes (Yvelines) », 48 pages