Guêpes, frelons asiatiques

Guêpes et frelons asiatiques. Les noms de ces deux insectes reviennent dans toutes les discussions, sur les réseaux sociaux. Voici les raisons de l'invasion dans les Yvelines.

Cyprien Feries Apiculteur de formation, Cyprien Feries s’est transformé en redoutable chasseur de guêpes et de frelons. (©Cyprien Feries)

La croissance de la population de ce prédateur semble exponentielle. Les chiffres officiels sans doute en deçà de la réalité, sont révélateurs de la dimension affolante que prend cette invasion. Dans notre région, de 31 nids déclarés et détruits en 2014, on passe à 550 en 2017 et 2 353 en 2018 dont presque 30% pour le seul Val d’Oise, département francilien le plus touché par ce fléau. C’est une très inquiétante menace pour nos populations d’abeilles et pour l’économie du secteur apicole, et un réel et grave danger pour nos enfants en premier lieu mais aussi pour toute personne inconsciente de la dangerosité de cette espèce invasive. Il y a donc lieu de réagir en déployant un Plan d’Action contre le Frelon Asiatique comprenant de véritables méthodes de Prévention, de Surveillance et de Lutte concertée.

Frelon  A carte

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Dans les Yvelines, Cyprien Feries est un homme très demandé. Il ne passe pas inaperçu avec son énorme pick-up rouge siglé apiculteur ; c’est son métier à la base.

Mais depuis quelques années, le temps qu’il passe près de ses ruches est devenu rare. Car pour protéger ses précieuses abeilles, il a déclaré la guerre à son ennemi juré : le frelon asiatique. Et en passant, lorsque ses clients le sollicitent, il n’hésite pas à détruire les nids de guêpes et de frelons européens.

Caisson de volet roulant, murs, toitures, fenêtres de toit, arbres, sous terre Il connaît par cœur les cachettes de ces insectes qui semblent cette année plus nombreux, plus présents autour de notre table ou devant les ruches, pour les décimer.

Pour ce professionnel, ce n’est pas seulement une impression. Preuve en est. Pour la seule année 2017, il avait enregistré près de 1 500 clients. « Cette année, à la mi-août, j’en suis déjà à 1 600. Le téléphone n’arrête pas de sonner, du lundi au dimanche. »

La raison de l’invasion

Alors oui, pour lui, les guêpes comme les frelons sont bien plus nombreux que les années précédentes. Et la chaleur estivale n’est pas à mettre en cause.

« C’est plutôt à cause de l’hiver dernier. Il a été trop doux. Et les reines ont bien survécu, sous les tuiles, chauffées par nos radiateurs et isolées par la neige quand il y en a eu. Dès le printemps, elles ont pu construire leur nid. Et elles étaient nombreuses à le faire. On a donc plus de guêpes et de frelons qui cherchent de la nourriture pour leur nid. Ce qui explique que je fasse entre 15 et 20 interventions par jour. »

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500 nids de frelons asiatiques

Aujourd’hui, Cyprien ne redoute pas la quantité de travail. Il s’inquiète pour l’avenir à cause du tristement réputé frelon asiatique. Et pour convaincre, il tient une comptabilité précise.

« En 2013, j’ai retiré un nid dans les Yvelines. C’était le premier. En 2016, j’en étais à 125. L’année suivante à 302. Pour 2018, on devrait atteindre les 500 nids. Si je suis inquiet ? Oui, carrément. Surtout pour les abeilles. Les gens doutent qu’elles soient moins nombreuses ? Quand j’ai commencé il y a 15 ans, j’avais le droit de prélever 99 essaims par an. Je les faisais. L’an dernier, je n’ai réussi à en trouver que 60. Cette année, ça devrait être 45 ou 50 maximum. Voilà… Tout cela à cause de ces enf…. de frelons asiatiques. »

Pas question pour autant de baisser les bras. Cyprien navigue inlassablement entre les Yvelines et les Hauts-de-Seine, découvrant des cachettes inédites : dans une borne d’Autolib’ et sous une plaque d’égout. « Ça m’a marqué. Quelqu’un a marché dessus. Avec la vibration, les frelons sont sortis et ont attaqué. Tous en même temps. »

À chaque destruction, il n’hésite jamais à faire sa piqûre de rappel : « Il faut les piéger avec une bouteille coupée en deux et de la nourriture dedans. Et dès qu’un nid est repéré, il faut le faire détruire. Immédiatement. Sinon, c’est la prolifération assurée. »

Comparaison FE FA

Comment le frelon asiatique fait son nid :
Le frelon asiatique procède en deux temps. Il réalise d’abord un nid primaire, à hauteur d’homme, dans un buisson, sous une plaque d’égout, etc. Dès que la colonie a atteint une centaine d’individus, elle se divise pour créer le nid secondaire, dans les hauteurs, généralement dans un arbre. Celui-ci est beaucoup plus gros, destiné à augmenter la population et accueillir un maximum de larves. Dès qu’il est prêt, toute la colonie déménage avec la reine.

nid frelons asiatiques

Et c’est là que vont naître d’autres reines qui iront ensuite se cacher pour passer l’hiver. Puis, au printemps, elles pourront créer d’autres nids primaires à leur tour. « C’est pour cela qu’il ne faut jamais attendre. Tout se passe très vite. Dès que l’on repère une boule à hauteur d’homme, il faut la faire détruire. Sinon, on ne sait pas où les frelons partent ensuite, assure Cyprien Feries. C’est en octobre et novembre et au printemps que c’est le plus efficace. »

Pratique : Le site de Cyprien Feries : http://www.abeillesetnuisibles.fr

Source : https://actu.fr

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